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Tribune d'expression des groupes politiques de la Région Nouvelle-Aquitaine

« Rappelons l’investissement massif de l’État dans les compétences ! »

Intervenant sur le Pacte régional d’investissement dans les compétences, Daniel Dartigolles a rappelé l’investissement budgétaire massif de l’État et a souligné que les tensions de recrutement devront conduire une adaptation de ce Pacte.

Sur notre territoire de Nouvelle-Aquitaine, ce Pacte traduit effectivement l’effort convergent de la Région et de l’État : il décline l’ambition du plan gouvernemental d’investissement dans les compétences doté d’un budget national sans précédent de 15 milliards d’euros.

Face aux évolutions du marché du travail, à la mutation des emplois, et pour lutter contre le chômage de masse, le conseiller régional a soutenu que la compétence était la clé de voûte d’une croissance durable et inclusive.


Retrouvez l’intervention de Daniel Dartigolles en séance (seul le prononcé fait foi) :

Mme la Présidente,
Chers collègues,

Vous l’indiquiez au démarrage de votre intervention, le 18 janvier 2019, le Président ROUSSET signait avec la Ministre du Travail Muriel PENICAUD un ambitieux plan régional d’investissement dans les compétences, visant à financer 60 000 parcours annuels de formation pour les demandeurs d’emploi parmi les plus vulnérables.

Ce Pacte traduit sur le territoire de Nouvelle-Aquitaine l’effort convergent de l’État – je n’ai pas beaucoup entendu l’État dans votre intervention – et de la Région. Il décline l’ambition du plan gouvernemental d’investissement dans les compétences, doté d’un budget national sans précédent de 15 milliards d’euros, sur la mandature.

En effet, face aux évolutions du marché du travail, à la mutation des emplois, et pour lutter contre le chômage de masse, la compétence est bien la clé de voûte d’une croissance durable et inclusive.

Le bilan du Pacte de Nouvelle-Aquitaine, présenté dans cette délibération, traduit la volonté commune de changer de registre en matière d’accès à la formation professionnelle et à l’emploi, à travers une logique d’investissement sur plusieurs années – en l’état, 2019 à 2022 – sur la base d’un engagement pluriannuel de l’État de 502 millions d’euros, et de la Région de 648 millions d’euros.

Les engagements contenus dans le Pacte régional, à savoir : amplifier l’effort de formation vers les demandeurs d’emploi les plus éloignés de l’emploi, offrir des formations sur-mesure en situation de travail pour répondre aux besoins de recrutement immédiats des entreprises, former aux métiers de demain, transformer le système de production des compétences : ont- ils été tenus ? Oui, pour l’essentiel. Car la crise sanitaire, vous l’avez indiqué, de 2020 à 2021, et les plans de relance nationaux, dont « un jeune, une solution » ont nécessité un ajustement du Pacte.

Ainsi, si la cible indicative de 60 000 parcours annuels de formation n’a pas été atteinte, et cela malgré une prometteuse entrée en matière avec près de 56 000 formations en 2019, la montée en charge des formations à distance a permis de préserver l’essentiel, avec la formation de 49 000 chercheurs d’emploi en 2020 et de 50 000 fin octobre 2021.

À mettre également au crédit des acteurs de proximité déployant le Pacte – que cela soit les délégations territoriales du Conseil Régional, les prescripteurs du service public de l’emploi, des organismes de formation, des entreprises – le taux de 70 % de retour à l’emploi des stagiaires sortant d’une formation qualifiante du plan régional de formation, le taux de 59 % de formations ayant pu bénéficier aux chercheurs d’emploi non qualifiés, qui étaient la cible première du PIC, et également, le déploiement de dispositifs de formation et d’accompagnements personnalisés en faveur des plus fragilisés, comme les amorces de parcours, ou les habilitations de service Socle de compétences.

Néanmoins, restent des pistes de progrès à apporter afin d’optimiser les budgets engagés, en veillant tout particulièrement à la sécurisation de quatre points essentiels du Pacte :

  • La sécurisation de toutes les formations,
  • L’accès à la formation des publics dit invisibles et, vous l’avez noté, ceux qui ne poussent plus les portes du service public de l’emploi, que l’on peut trouver dans nos campagnes ou dans les quartiers prioritaires de la ville,
  • La réduction des tensions structurelles, en pérennisant l’expérimentation de la FEST. Il y a eu 49 projets depuis 2019, c’est vraiment une expérimentation plébiscitée par les professionnels de l’emploi et les entreprises. Ces formations en situation de travail, en entreprise, ont permis de former 600 apprenants en proximité et en lien avec les besoins des entreprises,
  • Enfin, l’identification des besoins en formation des actifs, en optimisant l’animation des 47 Comités territoriaux de la formation, les fameux CTF, qui doivent objectivement impliquer beaucoup plus d’acteurs du territoire. Les Chambres consulaires, les représentations patronales et salariales, les services de développement économique de EPCI… Je vous disais dernièrement sur la Commission Formations qu’il était intéressant de ne pas arroser le sable. C’est-à-dire que ces formations correspondent bien aux besoins des territoires et des demandeurs d’emploi.

D’autre part, si nous saluons la récente signature du dixième contrat régional de filières, celui des métiers de la formation, qui va permettre de décloisonner et d’accélérer la transformation des organismes de formation, nous espérons que la prochaine contractualisation sera celle des métiers de la mer. Cette filière est étrangement absente des contrats régionaux de filières, alors que la Région Nouvelle-Aquitaine est dotée d’une économie bleue – pêche, plaisance, ostréiculture – des plus actives.

Enfin, la saturation du marché du travail, qui vient de nécessiter un plan gouvernemental de réduction des tensions du recrutement, va demander une adaptation du Pacte avec, à la fois, la proposition de l’État d’une enveloppe supplémentaire de près de 24 millions d’euros en 2022, afin de financer prioritairement les parcours de formation pour les demandeurs d’emploi de longue durée – actuellement, on voit surtout une baisse des demandeurs d’emploi sans activité, mais les demandeurs d’emploi de longue durée sont toujours au bord du chemin – ainsi que la prolongation du Pacte en 2023.

Merci pour votre attention.